Du CRED au CORED : l’histoire d’un engagement pour une presse responsable au Sénégal
L'histoire du CORED
Avril 1999
Au Sénégal, la mise en place d’un Conseil de presse remonte au 29 avril 1999, lorsque les éditeurs de presse publique et privée réunis au Conseil économique social signent la ‘’Déclaration solennelle des éditeurs de presse publique et privée sur le Conseil pour le Respect de l’Ethique et de Déontologie (CRED)’’. Cette signature marque la date de naissance de la structure après une longue gestation sous l’égide du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS). Et comme pour rester dans les symboles, le CRED entre officiellement en vigueur le 03 mai 1999, correspondant à la journée mondiale de la liberté de la presse.
L’organisation dirigée par le regretté Kader Diop, doit sa création au principe selon lequel, ‘’en matière d’honneur, le journaliste ne reconnaît que le tribunal de ses pairs’’ et que la pratique journalistique repose sur des principes professionnels, moraux et sur des données éthiques. C’est dans cette logique que les éditeurs de presse ont accompagné la création du CRED par l’adoption d’une Charte des journalistes sénégalais qui fixe le code de conduite de tout professionnel de l’information. Toutefois, faute de moyens adéquats et d’une appropriation par les professionnels des médias, le CRED connait progressivement une léthargie.
Mai 2009
Face à ces difficultés, le CRED disparait pour céder la place le 23 mai 2009 au CORED. Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Ethique et de Déontologie dans les médias est dirigé par Abdou Latif Coulibaly. Cette première version du CORED connait bien des péripéties. Sa léthargie prend fin le 15 mars 2014 avec l’assemblée générale de relance de l’organe d’autorégulation qui garde le nom de CORED.
Juillet 2017
La redynamisation coïncide avec le long et laborieux processus d’adoption du Code de la presse décliné sous la loi N° 2017-27 du 13 juillet 2017. Ce code vient lui donner une base légale en ses articles 53 et 54. L’article 46 confie au Fonds d’Appui et de Développement de la presse (FADP) la mission de contribuer au bon fonctionnement de l’organe d’autorégulation. Des avancées majeures car jusque-là, le manque de moyens surtout financiers a beaucoup plombé la marche des différentes structures. Dès le départ, le problème de légitimité ne s’est pas posé car le CRED puis le CORED sont mis en place par les professionnels des médias eux-mêmes, d’où leur indépendance. Au fil des années, la légalité a été quelque peu un frein car il était difficile d’imposer les décisions sans base légale.
